Trump et les tarifs douaniers : Trois erreurs majeures dans ses calculs
Donald Trump a provoqué une onde de choc économique en annonçant des droits de douane importants visant la quasi-totalité des pays du monde. Les chiffres présentés par la Maison Blanche font l’objet d’analyses approfondies par les experts et suscitent des interrogations parmi les partenaires commerciaux des États-Unis.
Des chiffres largement exagérés par rapport à la réalité
Le président américain a présenté le 2 avril son plan qualifié de « libération économique », qui impose au minimum 10% de droits de douane sur tous les produits importés aux États-Unis.
Lors d’une présentation officielle, l’administration Trump a justifié ces mesures à l’aide de tableaux indiquant que les produits américains seraient taxés à 67% en Chine, 90% au Vietnam et 39% dans l’Union européenne.
Selon plusieurs experts du commerce international, ces taux diffèrent considérablement des droits de douane couramment documentés.
Pour l’Union européenne par exemple, les données de la Commission européenne et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) établissent que le taux tarifaire moyen avec les États-Unis est inférieur à 5%.
Même dans le secteur automobile, souvent cité comme exemple, où l’UE applique un droit de 10% sur les véhicules américains, l’écart reste significatif avec le chiffre de 39% mentionné par le président.
Ces différences notables entre les statistiques présentées et les données conventionnelles soulèvent des questions sur la méthodologie employée.
Une méthodologie de calcul qui englobe bien plus que les droits de douane
Comment expliquer ces écarts statistiques ? L’administration américaine a fourni des précisions sur sa méthode d’évaluation.
Selon les explications de la Maison Blanche, leur approche ne se limite pas aux droits de douane traditionnels, mais intègre ce que Donald Trump désigne comme « d’autres formes de tricheries ».
Cette méthodologie prend en compte des facteurs tels que ce que l’administration considère comme de la manipulation des devises, ainsi que diverses normes environnementales appliquées par certains pays.
Par exemple, l’interdiction européenne d’importer du poulet américain lavé au chlore depuis de nombreuses années est considérée comme une barrière commerciale dans ces calculs. Cette méthode élargit considérablement le champ des éléments comptabilisés, ce qui explique ces taux anormalement élevés.
Des méthodes de calcul de Trump questionnées par les économistes
Face à ces chiffres, plusieurs économistes expriment des réserves quant à la validité méthodologique des calculs présentés.
D’après un professeur d’économie de l’université de Columbia cité par plusieurs médias, les pourcentages avancés par l’administration Trump correspondraient à une formule mathématique simplifiée : le déficit commercial divisé par les importations américaines pour chaque pays concerné.
Selon cet expert, cette méthode ne reflète pas les droits de douane effectivement appliqués et s’écarte des standards habituels d’évaluation des barrières commerciales.
Les analystes pointent notamment le cas des îles Heard-et-MacDonald, un archipel inhabité près de l’Antarctique, qui figure parmi les 185 territoires visés par les nouveaux tarifs douaniers.
Cette inclusion soulève des interrogations sur la rigueur des listes établies, puisque ce territoire ne génère aucune activité économique.
Ces mesures tarifaires suscitent des inquiétudes sur les marchés financiers, certains analystes y voyant un risque de récession. Tandis que l’administration Trump évoque une « Journée de la Libération », de nombreux économistes craignent l’émergence d’un cycle de représailles commerciales aux répercussions mondiales.
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