L'argument clé en faveur du Bitcoin
Pourquoi l’endettement est-il devenu hors de contrôle et comment le bitcoin va-t-il en profiter ? Cet article fait le parallèle entre énergie, dette, géopolitique et Bitcoin.
Bitcoin, Énergie, Dette et Géopolitique
- La hausse du prix du pétrole a déclenché la crise de 2008 et la dépendance énergétique continue de menacer la stabilité économique mondiale.
- L’endettement ne stimule la croissance que si l’énergie est abondante ; sinon, il ne génère qu’inflation et instabilité économique.
- Les États doivent choisir entre l’inflation, la réduction des dépenses ou le défaut de paiement.
- Face à l’explosion de la dette et à la perte de confiance dans le dollar, le bitcoin pourrait devenir la nouvelle monnaie de réserve mondiale.
- Le bitcoin offre un refuge financier inédit dans un monde en crise et en inflation permanente.
Crise énergétique et financière : un engrenage inévitable ?
La plupart d’entre nous se souviennent de la grande crise de 2007 à 2009. Souvent présentée comme une crise « financière », elle fut avant tout la conséquence du pic du pétrole conventionnel.
Passant de 20 $ à 140 $ le baril, l’explosion du prix du naphte provoqua la faillite de milliers de compagnies, des licenciements massifs et des millions de défauts sur les prêts immobiliers.
Certes, les États-Unis ont réussi à relancer la croissance de la production pétrolière, mais ce pétrole est plus cher à extraire. Et ce pétrole de schiste semble déjà atteindre son pic, ce qui laisse craindre une nouvelle crise majeure.
Le nombre de défauts sur les prêts immobiliers aux États-Unis dépasse déjà celui de 2008 :
Face à cette menace, Donald Trump met une pression croissante sur le Canada, qui représente 60 % des importations américaines de pétrole (4 millions de barils par jour). L’objectif ? Relancer le projet de pipeline Keystone XL pour acheminer un million de barils supplémentaires. Sans parler du Groenland, où les États-Unis espèrent découvrir de nouveaux gisements.
C’est la consommation colossale de charbon par la Chine qui est le principal moteur de la croissance mondiale. Mais si l’on met ce charbon de côté, la disponibilité énergétique par habitant est en déclin depuis 2013. En France, la consommation de pétrole a chuté de 26 % depuis 2005.
Or, l’énergie est le moteur de toute économie, surtout le pétrole, sans lequel les centaines de millions de camions ne pourraient pas acheminer la production mondiale de denrées alimentaires, de sacs de ciment, de bouteilles d’eau, de vêtements, etc., aux quatre coins du monde.
Il ne peut y avoir de croissance du niveau de vie sans croissance de la production énergétique. Nombre de pays ont cru pouvoir compenser cette contrainte énergétique en s’endettant, mais il y a des limites.
La dette : moteur ou illusion ?
L’endettement stimule la demande, mais son efficacité repose sur une énergie abondante et bon marché. Lorsque l’énergie se raréfie, la dette génère surtout de l’inflation plutôt que de la croissance réelle.
Sans augmentation de la production de biens, toute hausse du PIB n’est qu’une illusion inflationniste. Rehausser le pouvoir d’achat nécessite que les salaires progressent plus vite que l’inflation, ce qui s’obtient seulement par des gains de productivité qui dépendent directement de notre capacité à extraire de l’énergie à bas coût :
Salaires = productivité (quantité de choses produites par personne) = machines = énergie.
Toute économie a besoin de croître pour rembourser la dette ET les intérêts. Mais à défaut d’un miracle énergétique, des choix difficiles s’imposent. D’autant plus que les États font « rouler leur dette », ce qui déclenche une spirale d’intérêts composés.
D’où la trajectoire exponentielle des dettes publiques. Dit autrement, sans augmentation exponentielle de la production énergétique, l’inflation est inévitable. Cette inflation oblige en retour à augmenter les taux, ce qui débouche tôt ou tard sur un défaut.
Réduire les dépenses : une nécessité politique impopulaire
Faire défaut sur la dette ou imprimer de l’argent revient in fine au même : une baisse du pouvoir d’achat. L’alternative est de réduire les dépenses, mais il s’agit encore d’une baisse du pouvoir d’achat. Il n’y a pas de miracle. En France, cela reviendrait essentiellement à réduire le poids des retraites.
Les gains de productivité issus de l’IA et de la robotique permettront peut-être une hausse des salaires, nous verrons bien. Mais une chose est certaine, l’IA ne se substituera pas au pétrole.
En attendant, les dettes s’accumulent dangereusement. Les États-Unis devront, par exemple, refinancer environ 28 000 milliards de dollars de dette au cours des quatre prochaines années.
Donald Trump cherche à faire baisser les taux pour alléger ce fardeau. Voilà pourquoi la Fed a récemment ralenti la revente des bons du Trésor acquis depuis 2008 via le Quantitative Easing.
On a même l’impression que M. Trump fait tout ce qu’il peut pour inciter les investisseurs à se réfugier dans la dette US (taxes douanières, bombardements de l’Iran, menaces d’annexion du Groenland, etc.).
Sauf que cette bonne vieille recette ne marche plus. La Russie a montré d’une part au monde entier que l’on peut tenir tête à l’OTAN, et, d’autre part, que placer ses réserves dans les dettes occidentales est très très risqué. Les BRICS ont pris bonne note du « gel » des 300 milliards d’euros que la Russie avait investis dans les dettes publiques du camp occidental.
Ce qui nous amène au bitcoin
Larry Fink a fait des déclarations chocs ce lundi. Le PDG de BlackRock déclare dans sa lettre annuelle aux investisseurs :
Les États-Unis ont bénéficié du fait que le dollar soit la monnaie de réserve internationale pendant des décennies. Mais cela pourrait ne pas durer éternellement. La dette publique augmente trois fois plus vite que le PIB depuis 1989. Cette année, les paiements des intérêts sur la dette publique dépasseront 952 milliards de dollars, soit plus que les dépenses de défense. D’ici 2030, les dépenses publiques obligatoires [retraites, assurance santé, etc.] et les intérêts absorberont toutes les recettes fiscales fédérales, ce qui créera un déficit permanent. Si les États-Unis ne parviennent pas à maîtriser leur dette, le dollar risque de perdre cette position au profit du bitcoin.
Lettre annuelle 2025 du président du conseil d’administration de Larry Fink aux investisseurs
Face à cette menace, Donald Trump a chargé Elon Musk de réduire le déficit budgétaire de 1 000 milliards de dollars. Parallèlement, la sénatrice Cynthia Lummis pousse le « Bitcoin Act ».
Les États-Unis sont bien placés pour savoir que le bitcoin deviendra inéluctablement la monnaie de réserve internationale. En accumuler massivement avant tout le monde permettrait d’effacer les quelque 10 000 milliards de dollars que Washington doit au reste du monde.
Les achats débuteront au cours des prochains mois, surtout si la sénatrice Cynthia Lummis arrive à ses fins. Le gouvernement pourrait toutefois agir sans l’aval du Congrès si les achats sont « neutres sur le plan budgétaire ».
Dans ce scénario, il est probable que le bitcoin s’envole au-dessus de 200 000 dollars avant la fin de l’année.
Bitcoin, la monnaie miracle ?
Non, le bitcoin ne fera pas jaillir du pétrole, du lithium ou du plutonium de sa blockchain. Figer la quantité de monnaie en circulation ne fera pas magiquement croître l’économie, quoi qu’en pense une certaine frange de la pensée économique autrichienne.
L’outil de la dette est indispensable. Autrement, comment financer une centrale nucléaire, un tunnel, une usine de fabrication de semi-conducteurs, etc. ? Créer l’argent ex nihilo et le détruire au remboursement (aka système fiat) est la pierre angulaire de toute civilisation avancée.
Abuser de la planche à billets se fait à ses risques et périls. Tant pis pour le gouvernement qui préférera bâtir un palais plutôt qu’une centrale nucléaire. En définitive, tout le monde est logé à la même enseigne.
Si le bitcoin ne se substituera pas au système fiat, il est tout de même une singularité technologique majeure. Nous avons pour la première fois de l’Histoire un actif liquide existant en quantité absolument finie.
L’attractivité du bitcoin en tant que monnaie de réserve ne cessera de croître dans un monde en contraction où les nations refuseront de plus en plus des IOU (« I own you ») en paiement.
Il est aussi une révolution à l’échelle individuelle. N’importe qui peut désormais se protéger de l’inflation, aussi petite son épargne soit-elle. Avant, ce privilège était réservé à ceux qui étaient assez riches pour pouvoir se payer de l’immobilier de prestige, un expert boursier ou des œuvres d’art.
Le Bitcoin n’arrêtera pas l’inflation, mais nous sommes désormais tous égaux face à elle. Et comme pour toute percée technologique, les premiers à en saisir la portée en profiteront naturellement le plus.
Ne manquez pas notre article : Les États-Unis vont effacer la dette avec le bitcoin.
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