Bitcoin peut-il faire tomber les banques ?
La finance traverse une métamorphose silencieuse, mais brutale. Bitcoin, né dans l’ombre de la crise de 2008, incarne aujourd’hui une révolution qui secoue les fondations des banques. Entre promesses d’émancipation et défis techniques, son ascension interroge : peut-il vraiment détrôner les géants de la finance traditionnelle ? Loin des clichés, plongeons dans une analyse sans concession.
Bitcoin vs banques : une guerre d’architectures
Le bitcoin repose sur un réseau peer-to-peer, sans chef d’orchestre. Les banques, au contraire, fonctionnent comme des cathédrales centralisées, où chaque pierre dépend d’une autorité supérieure.
Cette divergence structurelle explique pourquoi bitcoin séduit : il remplace la confiance dans les institutions par des mathématiques irréfutables.
En 2021, le Salvador a adopté bitcoin comme monnaie légale, malgré les critiques. Résultat ? Une économie moins dépendante du dollar, mais exposée à la volatilité.
Pendant ce temps, les banques traditionnelles, protégées par des filets de sécurité étatiques, résistent aux tempêtes. Bitcoin offre une liberté risquée ; les banques, une stabilité corsetée.
Bitcoin traite 7 transactions par seconde, contre des milliers pour Visa. Les solutions comme le Lightning Network tentent de combler ce fossé, mais le chemin reste long.
Les banques, malgré leur lourdeur, maîtrisent l’art des flux massifs. Un avantage qui pourrait s’éroder si la technologie blockchain mûrit.
Bitcoin promet un compte bancaire sur un smartphone. Pourtant, 3 milliards de personnes n’ont toujours pas Internet. En Afrique subsaharienne, seuls 48 % des adultes possèdent un téléphone mobile. Sans infrastructure numérique, le rêve d’inclusion reste un mirage.
Les transferts transfrontaliers via bitcoin coûtent quelques centimes, contre 6 % en moyenne via les banques traditionnelles. Mais cette économie masque un problème : la volatilité du BTC peut annuler les gains en quelques heures. Les stablecoins tentent de répondre, mais leur ancrage à des devises traditionnelles perpétue la dépendance au système actuel.
Sécurité : blockchain contre psychologie humaine
La blockchain Bitcoin n’a jamais été piratée. Mais les portefeuilles numériques, eux, sont vulnérables. Au premier trimestre de 2025, les pertes liées aux piratages de plateformes de cryptomonnaies ont atteint 1,63 milliard de dollars.
Les banques dépensent des milliards en cybersécurité, mais subissent des fuites de données régulières. En 2022, 74 % des institutions financières ont signalé une augmentation des attaques. Bitcoin élimine les intermédiaires, mais pas les erreurs humaines.
20 % des bitcoins sont bloqués dans des portefeuilles inaccessibles. Une simple clé USB égarée, et des fortunes s’évaporent. Les banques, avec leurs procédures de récupération, offrent une sécurité psychologique que Bitcoin ne peut égaler.
Stabilité économique : le piège déflationniste
Le bitcoin est limité à 21 millions d’unités. Une rareté qui attire les investisseurs, mais pose un problème : comment gérer une économie sans ajustement monétaire ? Les banques centrales utilisent l’inflation comme outil ; Bitcoin impose une rigueur incompatible avec les crises.
En 2024, 60 % des détenteurs de BTC le considèrent comme un « or numérique ». Peu l’utilisent pour acheter un café.
Tant qu’il restera un actif de spéculation, son rôle de monnaie quotidienne restera marginal. Les banques, malgré leurs défauts, gardent le monopole des échanges courants.
BlackRock et JPMorgan intègrent bitcoin dans leurs portefeuilles, mais comme produit d’investissement, pas comme devise. Une adoption hybride qui renforce le système actuel plus qu’elle ne le détruit.
L’UE a adopté MiCA en 2023 pour encadrer les cryptos. Les États-Unis oscillent entre répression et innovation.
Sans un cadre clair, Bitcoin ne pourra jamais supplanter les banques. Mais une régulation excessive risquerait de compromettre son essence décentralisée. Bitcoin ne tuera pas les banques. Il les force à évoluer. Pendant ce temps, le cadre fiscal évolue. Voici les dates essentielles à retenir en ce qui concerne la crypto et impôts en 2025.
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Fasciné par le bitcoin depuis 2017, Evariste n'a cessé de se documenter sur le sujet. Si son premier intérêt s'est porté sur le trading, il essaie désormais activement d’appréhender toutes les avancées centrées sur les cryptomonnaies. En tant que rédacteur, il aspire à fournir en permanence un travail de haute qualité qui reflète l'état du secteur dans son ensemble.
Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.