la crypto pour tous
Rejoindre
A
A

Allemagne : La Bundesbank au bord du gouffre avec un déficit record historique

8h00 ▪ 5 min de lecture ▪ par Mikaia A.
S'informer Événementiel

Les Allemands sont passés aux urnes le 23 février, redessinant le paysage politique du pays. Avec la victoire des chrétiens-démocrates (CDU/CSU) et l’ascension remarquée de l’extrême droite, l’attention se tourne vers les défis économiques majeurs du futur gouvernement. Parmi eux, une nouvelle fracassante : la Bundesbank a enregistré une perte record de 19,2 milliards d’euros en 2024, un gouffre financier qui pèsera lourdement sur les choix budgétaires de Friedrich Merz.

Banquier inquiet de l'état financier du Bundesbank

Une économie allemande sous tension

L’Allemagne, autrefois locomotive économique d’une Europe en crise, montre aujourd’hui de sérieux signes de faiblesse. Après deux années de récession, les entreprises alertent sur une perte de compétitivité et un déclin des exportations. La hausse des taux d’intérêt de la BCE, initialement destinée à maîtriser l’inflation, a amplifié les difficultés des banques centrales. 

Résultat : la Bundesbank doit verser des intérêts plus élevés aux banques commerciales, tandis que ses revenus issus des obligations chutent.

  • La perte de 19,2 milliards d’euros en 2024 est la plus importante depuis 1979 ;
  • En 2019, la Bundesbank avait encore versé 5,85 milliards d’euros à l’État ;
  • D’autres pertes sont prévues pour les prochaines années, selon son président Joachim Nagel.

Les entreprises, elles, ne décolèrent pas. Elles réclament une baisse drastique des coûts énergétiques et de la bureaucratie. Mais le gouvernement Merz pourra-t-il leur donner satisfaction tout en respectant les contraintes budgétaires ?

Friedrich Merz face au casse-tête budgétaire

Le futur chancelier Friedrich Merz n’est pas un novice de la finance, mais il n’a jamais exercé de poste ministériel. L’homme fort de la CDU est un ancien cadre de BlackRock, ce qui alimente les critiques sur sa connivence avec le secteur bancaire. 

« Friedrich Merz est directement issu de BlackRock, sans aucune expérience gouvernementale. Il a été choisi pour diriger l’une des nations les plus influentes d’Europe. », dénonce un observateur sur les réseaux sociaux.

Le défi est immense : alors que la CDU plaide pour une baisse des impôts et un retour au nucléaire, ses potentiels alliés de la coalition, notamment les Verts, prônent une fiscalité plus lourde et un virage écologique radical. 

Quant au SPD, il souhaite un fonds de 100 milliards d’euros pour financer la transition industrielle. Mais comment financer ces projets sans les revenus de la Bundesbank et sous la contrainte du frein à l’endettement ?

L’autre grand facteur d’incertitude vient de l’autre côté de l’Atlantique. Avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, l’Allemagne redoute de nouvelles taxes sur ses exportations pour l’Europe. Trump veut réduire le déficit commercial américain et encourage les entreprises allemandes à délocaliser leur production aux États-Unis.

Une nouvelle tempête économique se profile-t-elle pour Berlin ?

Une crise systémique en gestation

L’Allemagne est-elle condamnée à l’affaiblissement économique ? Outre la crise bancaire et la menace protectionniste américaine, les entreprises allemandes peinent à trouver des travailleurs qualifiés. L’énergie chère, la sur-réglementation et le poids de la sécurité sociale pèsent sur la compétitivité industrielle. 

« L’économie se contracte. Le chômage grimpe. L’Allemagne n’attire plus les investisseurs », avertit Rainer Dulger, président de la confédération des employeurs allemands.

Face à cette situation, un regroupement de 100 associations économiques a lancé un SOS politique, organisant une manifestation à Berlin le 29 janvier. Ils réclament une réforme en profondeur pour redynamiser le tissu économique. Parmi leurs revendications :

  • Une réduction massive de la bureaucratie ;
  • Une baisse de la fiscalité des entreprises ;
  • Des incitations à l’investissement ;
  • Un allègement des coûts salariaux.

Mais la marge de manœuvre du futur gouvernement reste réduite. Entre la discipline budgétaire imposée par la BCE et la pression des partenaires européens, Berlin pourrait devoir faire des choix douloureux. Faut-il assouplir le frein à l’endettement pour relancer l’investissement, quitte à déplaire aux conservateurs ? 

grandes-banques-centrales
Top 8 des plus grandes banques centrales du monde – Source : Sovereign Wealth Fund Institute (SWFI)

Une chose est sûre : la « locomotive de l’Europe » a besoin d’un réel coup de fouet. Mais qui osera appuyer sur l’accélérateur ?

Notons que ce n’est pas la première fois que l’Allemagne voit s’amonceler des nuages noirs sur son horizon économique. En août dernier déjà, certains évoquaient le spectre d’une récession, alertés par la chute des exportations. Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si l’Allemagne vacille, mais jusqu’où elle chutera avant de rebondir.

Maximisez votre expérience Cointribune avec notre programme 'Read to Earn' ! Pour chaque article que vous lisez, gagnez des points et accédez à des récompenses exclusives. Inscrivez-vous dès maintenant et commencez à cumuler des avantages.



Rejoindre le programme
A
A
Mikaia A. avatar
Mikaia A.

La révolution blockchain et crypto est en marche ! Et le jour où les impacts se feront ressentir sur l’économie la plus vulnérable de ce Monde, contre toute espérance, je dirai que j’y étais pour quelque chose

DISCLAIMER

Les propos et opinions exprimés dans cet article n'engagent que leur auteur, et ne doivent pas être considérés comme des conseils en investissement. Effectuez vos propres recherches avant toute décision d'investissement.